La fin du mois au Pouchkine signifie départs/arrivées. On perd les anciens fous auxquels on s’était habitués, pour en récupérer de nouveaux, ceux qui ont le courage d’affronter l’automne moscovite et ses premieres chutes de neige qui arrivent parait-il sans crier gare.
Autant dire que ceux-ci sont de vrais fous.
Le groupe d’italien assez homogène et assez classique a été remplacé par un autre groupe d’italiens, encore plus jeunes, encore plus bruyants et encore plus déphasés. Cela dit les sujets de conversations ne sont pas trop éloignés de l’un a l’autre : « Mamma mia, che noia Mosca, com’e bella Parigi. » « Ma come fai a mangiare la suppa della mensa ? mi mancano cosi tanto le orrecchiette di Mamma. Dai domani facciamo un bel risotto !! (cris de joie dans toute la cuisine).
Il y aussi celles que j’ai repérées comme étant les 3 géantes serbes. Toujours ensembles, elles mesurent toutes les 3 au bas mot 1,80m. Ça fait grand, surtout de mon point de vue en contre-plongée.
Les 3 geantes serbes font autant de bruit que les 2 groupes d’italiens réunis, c’est dire. Leur soiree type : dans le cyber cafe d’avant guerre de l’Institut, elles se mettent chacun a un coin, et communiquent en criant, d’un bout à l’autre de la pièce. Puis elle vont se cuisiner un frichti, avec toutes les 3 la meme sonnerie de portable au niveau maximum. Elles dansent en chantant devant leur plaque électriques, puis s’empiffrent bruyamment, et se retirent enfin. Epuisant.
Il y aussi Tibi. On est amis parce que son surnom est presque similaire au mien. Il vient de Hongrie.
Et puis il y a Marie, ma nouvelle coloc. Elle a son monde à elle, recrée son univers, la realite l’ennuie. C’est une tapée, mais une tapée charmante. Elle part en promenade dans la banlieue voisine, avec un marron. Elle rêvasse devant des papillons qu’elle imagine être son âme à elle et son âme sœur… l’âme sœur s’envole et s’éloigne. Son marron glisse de sa main, mais un médecin venu du Yemen le ramasse et le lui rend en se présentant gentiment.
Ils décident de fuir la banlieue et d’aller admirer la vue de Moscou qu’offre la perspective de la MGU (Universite Lermontov).
Tout à coup, ils sont dans un verger, un champ de pommes planté par Staline. Marie ramasse les pommes de Staline et en fait une compote. Les indiens (nouveaux venus) de l’étage découvrent émerveillés la compote de Staline.
Marie est belge germanophone, elle circule à vélo dans Moscou (ça c’est le plus fou), elle vient de trouver un job dans une clinique du coin (celle du médecin du Yemen) et a un vrai talent : le dessin. Jetez un coup d’œil sur son site, cela vaut le coup : http://www.wesentlich.com/marie/.
Et au milieu de tout ça, moi j’envoie des mails pour trouver une coloc avec des russes…
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