Départ
Neuf heures du matin, le froid est sec et vif, il fait 1 degré, c’est dimanche dans ma banlieue grise. Je suis accompagnée de Marie, nous sommes assorties : mon éternel manteau rouge, son écharpe rouge ; mon bonnet bleu, sa toute nouvelle veste fourrée bleue. Nous filons, silencieusement mais gaiement, entre les rangées immeubles qui séparent notre foyer du métro le plus proche.
Quelques tâches de couleurs se détachent de la grisaille : les oranges que vend la babouchka, un abri vert bouteille, un manteau turquoise qui court, balançoire et toboggan multicolores pour les enfants du quartier … points fluorescents mais isolés, qui égaient l’œil en ce morne matin de novembre.
Un bus nous emmène, brinquebalant, à l’est de Moscou, la campagne des riches. Une fois passées les dernières banlieues et barres d’immeubles moscovites, le spectacle qui s’offre à nous nous laisse pantoises, et je ne vois pas d’autres termes qui correspondent mieux à notre air ahuri. Derrière nos vitres défile une succession de palais flambant neufs, plus rutilants et massifs les uns que les autres. A quelques kilomètres de Moscou, émerge en plein milieu de la toundra, un centre de shopping, dont les vitrines Maserati, Prada, Armani, Dior et Chanel illuminent notre route.
La soif de vivre et de consommer des nouveaux russes. On n’est pas si loin de la Californie, encore une fois. En tant qu’européens qui avons macéré dans notre culpabilité socialiste, nous ressentons une sorte de gêne devant cet étalage de mauvais goût. Mais comment ne pas les comprendre ? Comment oublier la chape de plomb qui les a freiné pendant des années ? Comment mépriser cette soudaine soif de vivre, de consommer, de s’offrir ces choses inutiles dont nous jouissons depuis si longtemps ? La vraie question se rapporte plutôt à ce qu’il adviendra après cette phase boulimique.
Est-ce une simple transition vers un consumérisme assagit, soucieux d’une certaine éthique écologique et sociale ? Où est-ce une bulle de savon aux reflets d’or noir, qui grossit, grossit, grossit, pour finalement exploser et obéir à l’ordre des choses russes ? Les paris sont ouverts…
“La soif de vivre et de consommer des nouveaux russes.” Comme ça, sans ambages, en tête de paragraphe ?!?
Et Chuck alors ? ! ?
Arrete un peu Billie, tu vas t’épuiser…
Bises,
S. “Porter” Arnoult.
Giusto oggi parlavo con un certo Chuck (non so se lo conosci) di questo blog e di quanto bene scrivi…
Ciao cara. Io sono un tuo lettore assiduo e silente.
Ti ricordi di cosa parlammo a giugno a cena da me? Ebbene, alla fine parto in Zambia!
Ti abbraccio, spero a presto
Fra
Je pense que notre chère billie-nicolaus est possédée par l’ésprit de BHL;
Bernard-Henry si tu m’entends, sors de son corp!
et ce n’est que le debut mon cher lorenz…