Archive for the 'Moscou' Category

Valentine’s day in Russia

img_0034.jpgLes files devant les fleuristes sont interminables, une jeune fille sur deux croisees dans la rue tient dans la main une ou deux roses rouges (d’habitude ce n’est qu’une sur 3), quant aux couples qui se promenent, le garcon a systematiquement un petit paquet a la main. Pas de doutes, c’est la Saint Valentin. Et encore moins de doutes, les russes sont romantiques.

Ma St Valentin a moi, elle s’est passee dans une vieille baraque, restauree et rachetee par les descendants des ex-proprietaires, qui furent envoyes au fin fond de la Siberie, pour complot et haute trahison contre le tsar. Ca se passait en 1825, les savants et autres historiens les ont surnommes “les decembristes“. Dans cette ex maison de decembristes, donc, avait lieu l’inauguration de l’exposition photo de James Hill (dont nous avons deja parle), avec notamment quelques remarquables portraits de Moscovites renommes : Aidan, Koulik et autres artistes.

Rien a voir avec ce bon vieux Valentin donc, mais l’expo, qui se tient jusque dimanche vaut tout autant la peine que cette vieille batisse, en ce moment en pleine restauration.

photo : Marie Richter

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Telerealite facon Kommunalka

Kommunalka, en Russe, ca veut dire appartement communautaire. Un ancien grand appartement, recupere par les sovietique et depece.

La kommunalka fait aujourd’hui partie de l’imaginaire collectif russe, si ce n’est de leur quotidien. Derriere ce mot, on entend generalement des conditions sanitaires douteuses, une babouchka pire que le KGB epiant vos faits et gestes, un prix tres bas, une vie en communaute, une place par personne dans la cuisine.

La Kommunalka inspire aujourd’hui quelques artistes contemporains, mais egalement les organisateurs des foires d’art moscovites. Derniere idee en date, en mai dernier, une kommunalka artistique au gout de big brother : pendant 6 jours on enferme 7 artistes (Vika Begalska, Vladislav Efimov, Elena Kovylina, Anton Litvin, Diana Machulina, Mikhail Mutaev, Sergei Shutov) dans un tel appartement. Une vitre permettait aux visiteurs de les voir evoluer. On leur laisse ordinateurs, crayons, papier, pinceaux, peinture, toile, on secoue, on voit ce qu’il en sort, et on juge, aide des plus grands critiques d’art russes.

A vous de juger

ma vie mon oeuvre moscou

Aujourd’hui….

 – J’ai decide de changer de maison, et d’aller m’installer au nord de Moscou, dans un appart avec Dasha, etudiante au conservatoire, et un chat.

– J’ai croise un ane a un feu rouge, dans le trafic moscovite. ??? don’t ask

– Mon surnom a, pour la premiere fois, ete surnomme en Russe : Billotchka. emotion. Auteur : ma prof de chant lyrique, selon laquelle “j’ai une voix, mais il faut que je travaille.”

– Le froid est revenu. pas trop tot. les moscovites aussi : les embouteillages humains dans le metro s’etendaient le long des couloirs. Il faut vous imaginer une foule compacte formant une limace jusqu a la plateforme du metro. La, elle s’etale pour que les premiers rangs penetrent dans le train. Claustrophobie et pickpocket, auquel j’echappe de peu.

– J’ai sauve une russe d’une mort certaine. Elle etait sur l’escalator, avec son manteau de fourrure noire. Longiligne, fiere et mysterieuse. Entre elle et moi, trois marches et un type, louche. Au bout de 2 minutes d’escalator, je decide de monter les marches et passe devant le bonhomme, qui etait entrain de cramer le bout du manteau de fourrure de la devoushka avec son briquet. Je le surprends, le fixe mechamment en cherchant quelques mots de vocabulaire qui pourraient coller a la situation (“maman est dans la cuisine, elle prepare le diner” – nan pas ca – “c est pas bien ce que tu fais” – oui, ca c’est mieux). Bref je n’ai finalement le temps de rien dire, mais je fais signe a la jeune fille qu’un type derriere est louche et lui veut du  mal (j’oublie comment on dit “briquet” et “cramer”). Et je continue mon ascenscion. Je suis un heros.

– j’ai regarde le film “signe Chanel” pour en faire la critique dans la prochaine edition (tres attendue) du Courrier de Russie. J’en retiens une phrase ” on n’a que les limites qu’on se donne”.

 a bon entendeur… (personnellement les miennes sont plutot  a caractere linguistique, comme vous aurez aisement pu le constater).

les Hushpuppies font un saut a Moscou

Petite info pour l’agenda des amateurs de rock du coin, le groupe Hushpuppies, originaire de Perpignangn’ fait un saut de 24 heures a Moscou le 28 fevrier prochain pour venir feter l’anniversaire de l’excellent club Ikra.

Pour les fans francais : ils sont en ce moment en tournee en France, pas la peine de vous ruer sur la premiere ambassade Russe venue et de remplir un formulaire de visa. Prendre un TGV, c’est quand meme plus simple.

grandeur dechue – faire part

le grand, le beau, le celebre Diaghilev a brule jeudi dans l’apres-midi, la veille d’une soiree organisee par l’ambassade de Chine .

Le Diaghilev, pour les nouveaux venus (qui peuvent, du coup, repartir chez eux), c’est le “kilometre 0” des clubbers moscovites, et le symbole meme du Oil boom. Un endroit ou une table vaut au moins 10 000 dollars, ou le face control est plus intraitable que jamais, ou ne rentrent que les plus riches et taciturnes, accompagnes des plus longues et fines.

Le mythe… devra laisser la place a un autre. Qui reprendra le flambeau ?

La Russie eternelle

Le photographe russe Mukhin est actuellement exposé à la petite Galerie Solianka, en partenariat avec CM ART.

Un peu à la manière de Cartier Bresson, ses photos retracent une Russie vivant sa transition, en jouant sur les regards, les tranches de vie, les attitudes prises sur le vif, les nombreuses contradictions visuelles qu’offre Moscou actuellement.

Deux hommes, pris sur le vif, imper et stetson, au regard à la Clark Gable devant un grand magasin russe. Ou encore, une autre photo montrant un immense panneau publicitaire vendant des bijoux de luxe, le mannequin de la photo a la peau mat et le regard de braise, en dessous de cette affiche, sur la place du manège un type, casquette et cigarette au coin des lèvres, vend ses journaux dans 10 cm de neige (cliché pendant le fameux hiver 2005).

Puis une de mes préférées : Saint Basile trône dans le fond, au premier plan des jeunes militaires russes, la peau rougie par le froid, cèdent le passage à une jeune fille sortant d’un petit baraquement en bois traditionnel, le tout dans 10 cm de neige (toujours et encore ce fameux hiver 2005) : la Russie éternelle / saint Basile, le froid, la neige, l’armée, les femmes… tout est dit.

Beaucoup d’autres photos encore… certaines un peu « faciles », d’autres extraordinairement réussies. Le tout donne un tableau léché mais sensible de la Russie d’aujourd’hui. Le parti pris est doux et non provocateur, ce qui, en matière d’art contemporain russe, repose les yeux et les esprits.

Au passage, un site très bien informé et très au fait de l’univers de l’art contemporain en Russie: www.izo.com

Igor Moukhin, du 25 janvier au 17 fevrier 2008. Galerie Solianka, Ul. Solianka, 12. Moscow

Le flou et l’honneur

Le flou total… nous sommes plongés dans le flou.

Le schéma climatique en ce moment c’est : neige épaisse durant la nuit, (ravissement du matin, ça ne loupe pas), fonte pendant la journée, et traîtres flaques d’eau, gel la nuit suivante, dangereuse patinoire le lendemain. La randonnée vers le métro se transforme en une marche aux pas réduits par les disparités du terrain glacé sous nos pieds.

C’est un peu « Martine la chinoise se rend au métro à Moscou ».

Les sujets de conversations favoris traitent donc du fameux hiver d’il y a deux ans, où le thermomètre avait atteint -35. On vous le sert à toutes les sauces, à vous, pauvre bleu, qui ne savez pas ce que c’est. «  ah oui, mais nan, là c’est pas le vrai hiver. Il y a deux ans, on a eu -35 ! tu te rends compte ! et j’y ai survécu. »

La première fois, vous entendez ça au mois d’août, vous ouvrez de grands yeux, mi-envieux (woaw ça c’est l’aventure) mi-surpris, en vous demandant comment vous réagiriez si ça devait vous arriver.

La deuxième fois, en septembre, vous vous dites… tiens j’ai déjà entendu ça quelque part… but where ?

La troisième fois, au mois d’octobre, vous ne pouvez plus le sentir cet hiver 2005, et vous attendez impatiemment l’hiver 2007 pour avoir quelque chose à leur répliquer à ces anciens.

Et la quatrième fois…. Fin février. Les températures n’ont pas été plus loin que -15. Votre chance est passée, vous êtes condamné à passer un deuxième hiver à Moscou pour pouvoir, vous aussi, déclarer que « vous connaissez les vrais hivers russes ».