Archive for the 'Pouchkine et moi' Category

De retour

billie24oct.jpgRetour quelque peu chaotique qui commence aux aurores pour ne pas rater le vol Low Cost de la compagnie Germanwings, compagnie qu’en passant je vous recommande. Des tarifs si petits qu’on pourrait passer a cote faute de credibilite (AR Moscou-Cologne 70 euros TTC) et un enorme avantage sur Ryan Air : l’equipage ne vous considere pas seulement comme du betail qui monte dans un fourgon.
Avion vide, equipage aimable et atterrissage sans fausses notes au milieu des nuages russes, si epais et si bas qu’un canal aurait pu se perdre.

Notre pilote allemand, lui, ne s’est pas perdu, ce qui m’a permis d’arriver a bon port, au bout neanmoins d’un periple de trois heures en transports en commun moscovites, dont les principales etapes furent : Minibus from the airport – metro – meme metro dans l’autre sens (ce qui arrive quand on se trompe de terminus, erreur non fatale, mais qui rallonge considerablement la duree d’un voyage) – mon metro – le bon, le vrai, le solide – et un dernier minibus ou je paie mon trajet de 20 roubles en billet de 1000 roubles. Je suis revenue dans ma chambre avec une enorme liasse.

Dans ma chambre ou m’attendaient…. 3 nouvelles colocatrices. Leona, Camilla, et Rita. Deux theques, une autrichienne.

Nous sommes donc dorenavant 5 a nous partager les 3m2 de salle de bain et les deux petits bureaux.

Rita est dans ma chambre. Elle est la pour un an et a un faux air de Angela dans The Office (version americaine). Comme Angela, elle est du style Ordonnee. Tres ordonnee. Quand elle est entree pour la premiere fois dans la chambre – sa chambre- elle a d’abord pali. Puis, prenant son courage a deux mains, elle a pris mon tas de trucs (vetements, seche-cheveux, jeu de cartes, livres et autres brols) qui gisaient sur son lit, pour les transferer sur le mien, a juste titre d’ailleurs.

Je ne sais pas combien de temps elle tiendra.

Pendant ce temps la, dans la cuisine, un chinois fait bouillir ses balles de ping-pong. Welcome back.

 www.germanwings.com

Advertisements

Billie et Marie regardent un film

Blotties dans leurs couettes, l’éternelle tasse de thé à la main, bercées par le son ouateux de la neige qui tombe et blanchit les barres d’immeubles aux alentours, Billie et Marie décident de regarder un film russe. Joies de l’apprentissage ludique !

Quoi de mieux qu’un film du grand Mikhalkov ? Marie vient justement d’acheter le DVD : 100 roubles pour 8 films, soit 30 centimes d’euros le film (le DVD est gravé des deux côtés, une aubaine).

Essai sur mon PC, qui ne le reconnaît pas –saleté-. Essai sur son MAC, qui le lance en moins de temps qu’il ne me faut pour écrire cette déjà trop longue phrase.

Résultat de ce petit moment culturel :

3 phrases sont revenues particulièrement régulièrement :

1ère position : « j’comprends vraiment rien à cette langue » (généralement précédé et/ou suivi de soupirs)2ème position : « ils sont quand même barrés ces russes ». (cf les scènes où le héros, un réalisateur, se pend à une branche tel un paresseux – l’animal-, et les nombreuses scènes où l’héroïne s’enfuit en courant vers l’horizon alors qu’elle vient de faire quelques dizaines de kilomètres en voiture in the middle of nowhere)
3ème position : « tu dors ? »

En ce qui concerne l’histoire du film, on a compris, au début, qu’il s’agissait de deux stars du cinéma muet, début XXème siècle, décor fin de belle époque, ainsi que du tournage d’un film sur lequel les deux tombaient amoureux l’un de l’autre. Jusqu’ici pas trop complexe. Mais au moment où interviennent des images de la Révolution, d’un peuple qui meurt de faim, et où nos héros se retrouvent à regarder un film avec des officiers soviétiques. (d’après ce qu’en on a perçu), là j’ai déclaré forfait.

Je suis donc retournée bosser mes exercices de grammaire, avec deux mots de vocabulaire en plus, et pas des moindres : rebiata (« guys ») et Rada Lioubvi (esclave de l’amour – c’était le titre).

Utile.

Les activités parascolaires à l’Institut Pouchkine

okhnotolstoi.JPGDifficile de s’ennuyer au Pouchkine. Après les cours, de nombreuses activités sont proposées aux étudiants dont la soif de decouvertes est insatiable.

Au choix, les propositions vont d’un sport quelconque dans l’unique salle de sport que se disputent les volleyeurs, les basketteurs et les badmintoneurs. Tout juste d’ailleurs si le badmintonien (mil excus’ pour ce terme) ne confond pas de temps à autre son léger volant avec le ballon de basket. Je vous laisse imaginer l’état de la raquette en titane.

Mais je m’égare… donc les propositions vont d’un sport quelconque à l’excursion organisée par l’Instyitout pour ses joyeux étudiants. Ceux-ci ont beau avoir changé d’allure ces 20 dernières années, cela ne semble guère atteindre l’institut qui reste fidèle à ses traditions.

On retrouve donc nos jeunes munis du dernier Ipod, des fringues de la dernière mode, très apprêtés, dans un bus qui semble avoir accompagné Staline sur les chemins de son empire. Ensemble jaunâtre, rideaux fleuris, jaunâtres aussi, vitesse dépassant avec difficulté les 80 km/h, colonie de chewing gum ayant élu domicile entre le siège et la vitre depuis 1955 et odeur latente où l’on reconnaît le vieux cuir synthétique, l’huile de moteur de mauvaise qualité et différentes sueurs de différents chauffeurs.

Lors de ma première (et dernière par la même occasion) expédition pouchkiniste, je me retrouve dans un tel bus, avec un groupe de hongrois. Ma chance, puisque les explications, qui étaient données en russe, ont été systématiquement traduites par un professeur en hongrois.

Parfait. 5 heures de trajet entre du russe et du hongrois, ça vous laisse le temps de construire des théories sur la tour de Babel.

 

Une fois arrivés à destination, nous sommes sommes de descendre du bus pour visiter en 2 minutes 30 une église, puis on nous fait remonter dans le bus, destination l’autre église 500 m plus loin… Et ainsi de suite pendant 3 heures, avant de remonter dans cet attachant vehicule russo-hongrois, pour les 5h de route du retour.

Ça c’est une activité pas top, mais pas chere non plus.

Rentrés à l’Institut, la soirée se passe entre la fameuse salle internet que j’ai déjà évoquée maintes fois, la cafeteria du premier étage, ouverte jusqu’à deux heures du matin, où se nouent et se dénouent de tragiques histoires d’amour, qui généralement ne durent pas plus de 12h, ou encore l’épicerie du 2è, tenue par une baboushka peu aimable, mais où l’on trouve de tout, des denrées alimentaires aux assiettes souvenirs avec le charmant motif du Kremlin sur fond noir, et autres poupées russes industrielles.  

Les dernières heures de la soirée sont consacrées au corps à corps entre le cerveau de l’étudiant étranger studieux et la grammaire russe – coriace celle-là. Au bout d’une heure de prépositions appelant, selon leur bon vouloir, l’accusatif ou le génitif, de verbes de mouvement qui changent selon que ce soit un aller sans retour ou une action régulière, ou encore de déclinaison des nombres cardinaux, elle vous assomme et le sommeil achève votre défaite.

 

Un rapide brossage de dents au dessus de votre lavabo qui partage son robinet avec la baignoire, et vous vous enfoncez dans vos rêves les plus fous : une pizza à la Montecarlo.

Adddomani !

Les nouveaux arrivants

aubergeespagnole.jpgLa fin du mois au Pouchkine signifie départs/arrivées. On perd les anciens fous auxquels on s’était habitués, pour en récupérer de nouveaux, ceux qui ont le courage d’affronter l’automne moscovite et ses premieres chutes de neige qui arrivent parait-il sans crier gare.  

Autant dire que ceux-ci sont de vrais fous.

Le groupe d’italien assez homogène et assez classique a été remplacé par un autre groupe d’italiens, encore plus jeunes, encore plus bruyants et encore plus déphasés. Cela dit les sujets de conversations ne sont pas trop éloignés de l’un a l’autre : « Mamma mia, che noia Mosca, com’e bella Parigi. » « Ma come fai a mangiare la suppa della mensa ? mi mancano cosi tanto le orrecchiette di Mamma. Dai domani facciamo un bel risotto !! (cris de joie dans toute la cuisine).

Il y aussi celles que j’ai repérées comme étant les 3 géantes serbes. Toujours ensembles, elles mesurent toutes les 3 au bas mot 1,80m. Ça fait grand, surtout de mon point de vue en contre-plongée.
Les 3 geantes serbes
font autant de bruit que les 2 groupes d’italiens réunis, c’est dire. Leur soiree type : dans le cyber cafe d’avant guerre de l’Institut, elles se mettent chacun a un coin, et communiquent en criant, d’un bout à l’autre de la pièce. Puis elle vont se cuisiner un frichti, avec toutes les 3 la meme sonnerie de portable au niveau maximum. Elles dansent en chantant devant leur plaque électriques, puis s’empiffrent bruyamment, et se retirent enfin. Epuisant.

Il y aussi Tibi. On est amis parce que son surnom est presque similaire au mien. Il vient de Hongrie.

Et puis il y a Marie, ma nouvelle coloc. Elle a son monde à elle, recrée son univers, la realite l’ennuie. C’est une tapée, mais une tapée charmante. Elle part en promenade dans la banlieue voisine, avec un marron. Elle rêvasse devant des papillons qu’elle imagine être son âme à elle et son âme sœur… l’âme sœur s’envole et s’éloigne. Son marron glisse de sa main, mais un médecin venu du Yemen le ramasse et le lui rend en se présentant gentiment.

Ils décident de fuir la banlieue et d’aller admirer la vue de Moscou qu’offre la perspective de la MGU (Universite Lermontov).

Tout à coup, ils sont dans un verger, un champ de pommes planté par Staline. Marie ramasse les pommes de Staline et en fait une compote. Les indiens (nouveaux venus) de l’étage découvrent émerveillés la compote de Staline.

Marie est belge germanophone, elle circule à vélo dans Moscou (ça c’est le plus fou), elle vient de trouver un job dans une clinique du coin (celle du médecin du Yemen) et a un vrai talent : le dessin. Jetez un coup d’œil sur son site, cela vaut le coup : http://www.wesentlich.com/marie/.  

Et au milieu de tout ça, moi j’envoie des mails pour trouver une coloc avec des russes…

  

Les cours du Pouchkine

martine.jpgMon cours de russe est un moment de bonheur dans la grisaille de l’automne moscovite.

Figurez-vous au beau milieu des barres sovietiques une petite classe d’etudiants venant des 4 coins du monde et s’agitant dans une ambiance coloree, joyeuse et chaleureuse. Amis enseignants, vous cherchiez la classe parfaite, vot eta, vous y etes ! 

Mes amis sont Mehmet le turc, Miodrag le serbe, Yann-li le Kitai-musicien, et Ros l’americain. Les coreens sont trop timides.

Notre professeur, Larissa, dotee d’un talent certain pour le mime et la comedie, nous parle comme si elle s’adressait des gamins de 12 ans shoutes a la colle.

Quand Yann-le-chinois parle, toute la classe se tait pour l’aider a corriger ses erreurs. 

Quand Larissa pose une question, on se bouscule pour repondre. Ce qui a d’ailleurs pour effet une cacophonie internationale assez interressante mais malheureusement inaudible. Seuls les coreens ne participent pas a cette engouement collectif. Decidement tres timides ces coreens…
Quand une question arrive sur Song-Li, Huo-lomng ou Rahr-li (i.e les coreens), le silence se fait. Tentative hesitante d’un frele filet de voix. L’erreur, systematique,  tombe comme un couperet. Nous les regardons tous avec un air de compassion auquel se mele une impatience de premier de classe.

Quand la sonnerie retentit (comme a l’epoque !), nous -le prof et les motives-  sortons epuises. Les coreens eux ont leur journee qui commence.

Ma vie au pouchkine (pour ceux que ca interresse)

Pouchkine par Cocteau Le Pouchkine a ete un endroit repute pour son enseignement du russe. Il est donc reste a la mode qui lui a valu son heure de gloire, a savoir la mode sovietique. La vie y est communautaire, spartiate mais finalement haute en couleur.

Le matin c’est la ronde des douches… une salle de bain par appartement, c est a dire une douche pour 5, avec un pommeau qui sert tant pour le lavabo que pour la douche. Ca c’est russe, et pas seulement pouchkine. Ingenieux!

Petit dej pris en vitesse a la cuisine, ou les italiens s’agitent et hurlent deja. Leur energie m’etonnera toujours. Le jour se leve sur les barres d’immeuble voisines. La vue est cependant assez degage puisque l’immeuble d’en face a ete rase.

C’est vite l’heure des premiers cours. Je suis systematiquement en retard de 10 minutes. Je suis dans le groupe 4 (je crois que ce chiffre n’a pas de sens. C’est juste un numero, a la sovietique). Nous partimes 12, mais manquant de prompt renfort et de motivation, nous finimes….2 : un certain Rhanri, coreen de 15 ans, et moi. Apres avoir demande 15 fois le nom de Rhanri en russe, son age, sa nationalite, apres avoir visite Seoul en Russe, decrit Paris en Russe et fait l’enumeration de mes freres et soeur, age et profession, en Russe, c’est l’heure du dejeuner.

Cantine soviet. 2 euros pour un plat de pomme de terre, une soupe sauvee par l’aneth et un morceau de pasteque. Les russes adorent les pasteques. Moi aussi, mais j’aurai prefere plus nourrissant. Encore une babouchka a la caisse, qui, sans un sourire, sans un regard, balance la monnaie a la figure d’etudiants qui de toutes facons ne connaissent pas le vocabulaire pour protester. Il n’ont qu’a passer leur chemin et poser leur plateau en silence sur la premiere table libre.

Le copieux menu est avale en 2 minutes 16 chrono. Retour aux cours… pour 1h30 de phonetique. En coeur, tous derriere la prof (c-a-d a deux), nous repetons gaiement les sons gutturaux de la langue russe.

Apres-midi theoriquement consacre au temps libre. En pratique ce temps libre est consacre aux paperasses administratives, qui 1-sont interminables, et 2-sont encore moins terminables etant donne mon niveau de russe. Ca fait 10 jours que ca dure, je n’ai toujours pas mon Studendtki bilhet…

Le soir la temperature se refroidit dans les chambres. Les fenetres sont particulierement mal isolees. Allons nous rechauffer a la cuisine. Avec un tel nuage de fumee de cigarette, le seul moyen de survivre a une asphyxie soudaine et pour laquelle europe assistance ne sera d’aucune utilite, est d’ouvrir la fenetre. Voila, donc retour a la case depart : il caille. et THE plaque electrique qui fonctionne est prise par la pasta italienne.

Une demie heure plus tard la merveilleuse potee de pates russes ( elles collent plus que les italiennes, je me demande a quoi ce phenomene est lie…) est engloutie au milieu des italiens qui ne peuvent s’empecher de hurler dans une cuisine qui resonne deja, des volutes de Gauloises brunes et de la musique rock russe (donc forcement Geniale !!) d’une voisine de palier.

Vivement le calme et la fraicheur de ma chambre !

L’Institut Pouchkine et le reste du monde

italy-verona.jpgDepuis une semaine je suis donc installee au fameux pouchkin instityout, dote d’un cyber cafe tous les 7 etages. Il y en a deux (donc 14 etages, merci pour le calcul). Les ordinateurs sont d’ailleurs munis de claviers exclusivement QWERTY, d’ou l’absence d’accents et les fautes d’orthographe.

On peut parler sur Skype a partir de ces cybers. Les etudiants des 32 nationalites presentes dans le building profitent evidemment de ce moyen bon marche et facile d’utilisation. Pourquoi se priveraient-ils ? A cote de ca, une radio popu russe est branchee et tourne 24h sur 24.  

Autant vous dire que l’endroit ou je me trouve est surement le plus fatigant de tout Moscou. Et dieu sait combien Moscou est une ville ereintante ! 

Bref si par hasard la qualite de mes post, deja mediocre, devait baisser, vous pourriez tous vous connecter a Skype en meme temps pour faire bugger le systeme. J’aurai peut-etre la paix plus de 10 minutes. 

Sinon tant pis, continuons comme ca ! 

Apres enquete personnelle, les etages sont divises par continents. Cet agencement semble etre lie a la vision qu’ont les russes du reste du monde.

Le raccourci est facile, mais jugez par vous meme :

Aux premiers etages : les russes. Les plus proches de la sortie, c-a-d de la liberte, qui en plus n’ont pas a souffrir de l’extinction des feux (j’entends la mise hors service des ascenceurs passé 23h). Les russes sont chez eux. Preference nationale, c’est normal, tout le monde le fait, les franssuski les premiers.

Au milieu, les asiatiques. Ils occupent 4 etages. L’Empire du milieu quoi…(he he…). Ils ne sont pas trop mal lotis, l’Asie c’est le partenaire du futur, il faut le choyer un mimimum. 

Plus haut les europeens de l’ouest, principalement italiens et francais. Arrivee sportive (avec ou sans ascensceur-cf 3eme post), salles de bains d’avant-guerre mais chambres refaites. Impossible de s’entendre dans la cuisine a l’heure des repas des italiens. Les clichés se confirment : les italiens ont amene leur repas, pour chacun des jours de la semaine. Vous les comprenez quand il vous proposent une cuillere du risotto cuisine par la Mamma, la bas, a Verone (“aah Verone…(soupir)” vous mettez-vous a rever devant votre plaque electrique dans une cuisine au 10eme etage d’un batiment sovietique en pleine banlieue moscovite).

Les francais, quant a eux, debattent, critiquent les italiens et mangent vaguement deux boites de conserve au contenu louche, mais russe.  

Enfin, aux derniers etages, les europeens de l’est. Les serbes, croates et autres polonais. Chambres croulantes, 14 etages a se farcir a pied a partir de 11h… Avouez que l’agencement de tout ca donne a reflechir. 

Et puis de temps en temps, il ya des bugs. Malchanceux pour les uns, Maria, petite etudiante de Milan se retrouve dans une chambre defoncee au 14e, mais positifs pour les autres : Mylan, d’origine serbe, est avec nous ! un rescape !